"""Ceux-là, me semble-t-il, ont une haute opinion de leur production. A supposer qu’ils aient du talent, ils sont encore loin du compte. Pour vivre de leur plume, il leur faudra devenir ce qu’ils conspuent, c’est-à-dire devenir « écriteur » !
Aparté : écriteur se dit d’un écrivain qui édite ses propres livres, par nécessité. Ne pas confondre avec « l’édivain » qui, lui, est un éditeur qui s’amuse à écrire des livres par vanité, ou « l’aigrivain », écrivain désabusé par le manque de succès. """
Bah, voila qui sent quand même légèrement la désillusion voire l'aigreur, non ?
Désolé, mais un écrivain existe à partir du moment où il est reconnu par ses pairs auteurs, et surtout par la critique, et du coup, peu importe qu'il vende 10 livres ou 1000 à l'année, qui de toute façon ne le feront pas vivre dignement.
J'ai cru moi-même, au début, au mépris supposé des autres auteurs, les publiés, et à celui de leurs éditeurs, bref à celui du milieu du polar pour mon cas, mais je me trompais et ce fut une bonne surprise de découvrir combien au fil du temps, c'est la qualité d'un livre qui fait la réputation d'un auteur dans son genre littéraire, et non point, le nombre de prix obtenus ( tout le monde sait, à part les idiots, qu'ils sont truqués) et des chiffres de vente qui ne correspondent en général qu'à l'importance du budget marketing mis en place.
Franchement, vous pouvez encore croire qu'un Percy Kemp aurait envie du succès commercial d'un Levy ou d'un Thilliez, alors qu'il lui suffit chaque matin de comparer les commentaires de ses lecteurs, de parcourir leurs chroniques respectives, pour être rassuré quant à savoir lequel des deux laissera une trace dans la littérature ;-)))
De même qu'en tant qu'"écriteur", édiveur", aigrivain..., je suis très rassuré sur le niveau intellectuel de mes quelques lecteurs, des gens sachant s'exprimer correctement, tenir un raisonnement, etc, etc, et que je suis plus souvent consterné, hésitant entre pitié et chagrin, de lire les colonnes de beaucoup de ces auteurs estampillés dont vous semblez envier le succès, et dont 90% du lectorat est constitué d'incultes même pas capables d'articuler la moindre phrase intelligente sur une seule ligne.




